Déclaration de guerre!
Et voilà, on s'est encore pris une branlée. 4-1 contre les Pays-Bas, score sans appel! Et pourtant on a essayé, il y a eu des occasions. Mais non, pas moyen, les hollandais étaient plus fort! Pourquoi? Parce qu'ils n'ont rien laché tout au long du match, parce qu'ils ont profité de la moindre occasion. Parce qu'il avaient l'oeil du tigre! Vous vous souvenez, dans Rocky III, quand Rocky se fait démonter par Mister T, Applo Creed se met à l'entraîner pour la revanche et lui dit que s'il a perdu c'est qu'il n'avait pas l'oeil du tigre... Puis Rocky retrouve sa hargne et démonte le gars! Vendredi dernier, l'équipe de France ne l'avait pas, l'oeil du tigre. Et c'est pareil pour cette histoire de référendum irlandais....
Sans déconner, on le sentait bien que c'était mal barré ce référendum! Il y avait quelque chose qui nous alertait. Mais quoi? Et bien c'était la tronche des dirigeants irlandais qui défendaient du bout des lèvres ce traité et avaient déjà la défaite inscrite sur le visage. Comme s'ils pensaient avant tout à sauver leur peau après l'échec annoncé!
Et pendant ce temps, les anti-européens paradaient. Confiants dans leurs petites certitudes étriquées, satisfaits de la mauvaise plaisanterie qu'ils étaient en train de faire, ils allaient sans cesse plus loin dans le mensonge et dans la vulgarité la plus basse, comme des gamins de 14 ans qui se bourrent la gueule à leur première soirée!
Et maintenant, les dirigeants européens hésitent, se consultent, réfléchissent. Alors qu'ils viennent de se prendre une baffe dans la figure, ils sont prêts à tendre l'autre joue! Ils ont perdu ce fameux oeil du tigre, s'ils l'ont jamais eu. Pour la plupart d'entre eux, l'Europe est une découverte récente, à laquelle ils n'ont pas compris grand chose. Alors, ils ne sont pas prêt à mettre en jeu leur carrière politique pour ça... Résultat, on perd.
J'en ai assez de perdre. J'en ai assez de me réveiller au lendemain des référendums avec un goût de terre dans la bouche. Maintenant j'ai envie de sentir le goût du sang. Du sang de mes ennemis! Et oui, parfaitement! Parce que tous les fascistes, souverainistes, identitaires, troskystes, alter-mondialistes et néo-marxistes, que vous le vouliez ou non, ce sont nos ennemis.
Et pendant que nous jouons les grands tolérants, que nous faisont bien attention de ne vexer personne, tous ces gens n'ont aucun scrupule à former des alliances contre nature et à dire les pires insanités sur la construction européenne.
Alors cessons de nous cacher derrière notre prétendu respect du suffrage universel et des choix des peuples. Arrêtons de justifier des votes débiles sous le prétexte qu'ils expriment un "malaise". Répliquons! A chaque insulte, à chaque mensonge, à chaque petite pique injuste et facile, nous devons répondre, et durement! Nous devons dire ce que nous pensons de ces idées arriérées xénophobes.
Et que font les institutions dans cette histoire? Que font le président de la Commission européenne, le président du Parlement européen, la présidence du Conseil? Rien. Rien pour défendre ce qu'ils représentent. Rien sinon la faiblesse et l'impuissance, et finalement l'espoir de passer entre les gouttes. La lâcheté, en somme.
Allez, laissons les tomber, on ne peut pas compter sur eux. Mais quant à notre génération, nous devons retrouver la fierté de nos idées et le courage de combattre pour elles. Nous nous ferons traiter d'idéalistes, de technocrates, d'ultra-libéraux. Mais on ne doit pas se rendre sans combattre.
J'attends ce jour où ce sera le tour des populistes et des extrêmistes d'avoir peur. Et ce jour est proche, car à partir d'aujourd'hui, c'est la guerre!
Commentaires
Printemps 2005. Débat sur la Constitution organisé par cafebabel.com. Jacques Nikonoff, président d'ATTAC et commandant en chef des nonistes est invité ainsi qu'un eurodéputé vert ouïstes aux arguments tous faits. Je dois jouer le rôle de l'emmerdeur (analyste) et je finis par rentrer dans la mêlée. Je peux vous dire que l'oeil du Tigre je l'avais. Et Nikonoff en est sorti un tantinet humilié.
Trois ans après je te le dis franchement : je ne vais pas me battre pour le Traité de Lisbonne car je ne me sens plus du tout représenté par cette Europe institutionnelle. Ce que je propose je l'ai écrit sur cafebabel.com : une assemblée constituante européenne (le Parlement qu'on élira en 2009 par exemple). Ce n'est qu'avec l'audace qu'on s'en tirera. Et là, oui je vais me battre dans l'arène. D'ici là je travaille sur le fait d'huiler les mécanismes du débat pan-européen, avec notre magazine européen...
Alors là, pas d´accord. Qui est- ce qui reste quand tu auras fait abstraction de tous ces "ennemis"? Et qu´est- ce que tu veux en faire des Irlandais, les virer du club?
Je serais intéressée d´en savoir plus sur ces réponses "dures".
On peut certes discuter l´ingratitude des irlandais, mais il faudrait plus s´interroger sur les raisons de ce non. Est- ce que tu as lu ces articles d´un journaliste irlandais racontant combien il était difficile de trouver des exemplaires du Traité de Lisbonne, pour ne pas dire des explications de celui-ci? Est- ce que tu as vu le nombre des supporters du group "Help the Irish to find the Treaty of Lisbon" sur Facebook (62 contre ~ 47,000 "casse- toi pauvre con"p.ex.)? Dans un de tes articles, tu critiques le manque de charme, de rayonnement de notre Europe trop abstraite et "poussiéreuse" et maintenant tu t´étonnes?
On peut discuter du fait si l´Europe se légitime par sa transparence démocratique (représentée par la méthode référendum et d´ailleurs je suis sûre que si on avait permis à d´autres peuples de s´exprimer l´acceptation n´aurait pas été unanime non plus) ou par ses résultats, dans quel cas elle pourrait abandonner la pratique des référenda sans mot.
Je suis d´accord pour que l´Europe abandonne son phlegme et son introspection pour avancer, mais avant de défendre à ses citoyens de s´exprimer, elle devrait leur apprendre de s´approprier une "culture européenne" qui impliquerait la conscience européenne et la responsabilité de se prononcer uniquement sur l´Europe lorsqu´il s´agit uniquement de l´Europe.
J'y suis!
Mais en fait, on est d'accord, Reginina! Mes "ennemis" ne sont pas les irlandais qui ont voté non. Mes ennemis sont les hommes politiques, partis, associations diverses, et groupements de tous bords qui se réveillent dès qu'il s'agit de combattre la construction européenne.
Comme toi et comme ce journaliste irlandais, je suis furieux de la façon dont le oui est défendu. Oui, il aurait fallu être plus clair sur le contenu du traité et le rendre accessible.
Mais ce qui me met hors de moi, c'est que lorsqu'un débile d'extrême gauche ou d'extrême droit invoque des notions comme le "peuple", la "souveraineté", les "classes populaires" etc. pour détruire l'Europe, personne n'explique à quel point ces idées sont stupides, de peur de paraître élitiste ou anti-démocratique. C'est ça que je veux changer.
oki Eurobeauf là je te suis ;)
je pense que je me suis laissée prendre un peu par ton ton polémique, mais d´accord pour le fond ou disons en grande partie. Je pense que les notions comme "souveraineté" ou "identité" ont leur place dans le discours européen. Ce sont leur utilisation et les intentions derrière que tu accuses et attaques, non?...
Enfin, je voudrais bien connaître la différence entre "être antidémocratique" et "paraître antidémocratique", non pas par souhait de t´embêter, mais parce que je me demande qu´est- ce que la démocratie et quels sont les moyens acceptables pour la défendre...?.
En tout cas: merci pour tes articles au- delà du "politiquement correct" habitué, et que j´ai vraiment plaisir de lire.
J'aime beaucoup cette phrase, "abdiquer la souveraineté en échnage de... rien... le néant".
Il faudra un jour se demander par quel stratagème on est parvenu à faire correspondre souveraineté et liberté. La souveraineté, c'est à l'origine le pouvoir du monarque. Aujourd'hui encore c'est le pouvoir de contrainte des Etats. Comment oses-tu alors nous dire que l'Europe oppresse en attaquant la souveraineté? Elle libère, plutôt. Parce que ta soi-disant souveraineté des peuples, c'est aussi le nationalisme, la discrimination contre les minorités, les corporatismes d'Etat, le protectionnisme économique!
Alors moi, je préfère le néant à la souveraineté. Et je me méfie de ceux qui en appellent au peuple. Parce que le "peuple" n'existe pas, il est simplement une unité facile à gouverner. Alors que les individus, eux, sont ingouvernables. Et c'est ça le meilleur!