Bah oui, parce tout cela se base sur l’idée que le marché immobilier reste à la hausse en permanence. Le hic, c’est qu’aux Etats-Unis, il s’est mis à stagner, voir à baisser. Donc des banques se sont retrouvées le bec dans l’eau. Et là, c’est le cycle infernal. Les banques n’ont plus de liquidités, donc elles ne prêtent plus pour pouvoir refaire leurs réserves. Les entreprises se retrouvent coincées et ne peuvent plus emprunter pour investir. Ajoutez à cela une bonne petite crise de confiance des marchés et c’est parti comme en 40 ! Ou plutôt comme en 29 ! Bah oui, ça vous rappelle pas vos cours d’histoire du collège, tout ça ?

Heureusement, les marchés ne fonctionnent pas en roue libre. Le truc qui me fera toujours marrer, c’est que les ultra-libéraux les plus acharnés sont toujours les premiers à regarder avec anxiété les régulateurs au moindre grain de sable dans la machine… Un peu comme un gamin qui veut conduire tout seul la voiture familiale mais appelle papa dès qu’il tombe en rade…

Heureusement, disais-je, on a les banques centrales. Et la nôtre , c’est la Banque centrale européenne (BCE pour les intimes). Vous savez, le machin que tout le monde critiquait dans les débats sur le traité constitutionnel… Et qu’elle favorise pas la croissance, et qu’elle devrait pas être indépendante, et que c’est que des vieux banquiers de droite…

Pour le coup, la BCE nous a été bien utile, parce que pour contrer la crise, elle a permis aux banques de lui emprunter des montants records pour faire face à leurs problèmes de liquidités. Comme ça, on a limité les répercussions de la baisse du crédit et évité que cela se propage trop dans tous les secteurs de l’économie.

La BCE est tout le temps critiquée parce qu’elle ne se préoccupe que de l’inflation et pas assez de la croissance et que le résultat c’est une politique trop restrictive en matière monétaire. Peut-être. Mais ce serait bien de dire aussi quand elle fait des trucs biens, non ?

Ah, dernier point. Au début de cet article j’ai fait un peu d’anti-américanisme primaire, parce qu’il faut bien rigoler. Mais l’autre jour, j’étais dans une agence immobilière à Paris pour trouver un appartement à louer et il y avait une espèce de commerciale de banque blonde en bottes à talons qui se vantait de vendre plein de crédits à taux variable. Elle disait que de toute façon, c’est pas grave, l’immobilier montera toujours. Comme quoi, la connerie, c’est comme les crises financières. C’est mondial.